Communauté d'êtres supérieurs, d'artistes et de branleurs.
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Bien que Gug' se rende probablement à sa troisième ou cinquième séance d'Avatar en 3d ces jours, l'envie ne m'a toujours pas pris. Et en voyant hier soir une file de gens faire la queue pour une séance complète, j'étais fort heureux que ma douce et tendre préfère largement aller voir "Where the wild things are". (Il faut dire aussi qu'à la longue, les torrents d'éloges que Gug' largue devant le moindre polygone un peu lissé commence à avoir l'effet d'un repoussoir...)
Bon déjà, j'étais fan du bouquin quand j'étais petit. Je pense qu'il trainait à la bibliothèque de l'école primaire de Perly. J'en garde un souvenir bien particulier, le genre de bouquin qu'on comprend pas... qui raconte pas l'histoire d'une princesse ou d'un magicien, un bouquin où les méchants sont gentils et vice versas( et en même temps pas tellement). La qualité des illustrations pastelles et les tronches quasi humaines des monstres ajoutaient au bizarre du bouquin. 
Un truc un peu glauque qui trotte dans la tête.
Comme tout ce qui s'est passé avant les 4 jours précèdent le moment présent de ma vie vécue, j'avais complètement oublié ce chef-d'œuvre jusqu'à ce qu'un épisode des Simpson ou lisa trip passe sur canal +. impossible de retrouver des images de cet épisode spécial, mais le voir avait grandement ranimer mes souvenirs sur le bouquins de base.
a nouveau oubli, puis...
Il y a quelques mois j'entends parlé de l'adaptation au cinéma, je commence à chercher un peu sur le web, et je remarque que le bouquin compte un nombre de fans incalculable. Des pédo-psychiatre qui font des analyses très poussées de l'état de Max ou des admirateurs du style de l'illustration qui font des blogs tribute qui déchirent:
http://www.terribleyelloweyes.com/
Ya plein d'histoires qui racontent les déboires de Spike Jonz qui galère, par exemple lorsqu'il présente le film à des mômes qui sortent tous en chialant, et universal qui se dit que ça va être un calvaire financier et qui essaye d'arrêter à plusieurs reprise. Bref ils tournent, retournent, vire des costumes, refont les tronches en numérique pour les expressions... réussissent a adapter un bouquin qui fait quelques pages d'une phrase chacune en un scénar d'une heure 30, trouvent un bon môme pour jouer max etc...
Bref je vais le voir blindé, sans avoir vu trop d'extraits, avec plein d'images du bouquin dans la tête et d'interprétations diverses . Accompagné de ma douce, non-maquillée spécialement pour l'occasion, elle à déjà presque pleuré en regardant la bande annonce, mouchoir à la main, on raque les 30.- on plaint les gens qui font la queue pour avatar et on se glisse dans notre salle avec les 6 ou 7 autres spectateurs.
Le Film:
L'intro est incroyable, quasiment sans générique, le môme court après son chien avec une fourchette, il est déguisé en loup, comme dans le livre. Alternance entre une musique très douce (la BO est très chouette) et les hurlements du môme.
Deuxième image, il creuse un igloo, on ne voit que ces jambes. On pense au trou pour entrer dans John Malkovitch. Son igloo c'est son royaume, son chez lui... malheureusement on le lui pète. sur la tronche à grand coup d'ado de 16 pige.
(Clém à déjà pleuré deux ou trois fois).
Très vite il s'embarque sur un bateau pour fuir ce monde ou sa mère boit en invitant des hommes à la maison. il rejoint un monde ou une petite dizaine de monstres vivent. Et voilà, à la fin il se barre et retrouve sa maman en souriant.
En gros il ne se passe pas grand chose. Il joue avec les monstres, se bat avec eux, construit un fort-bateau-fusée en brindilles. Et voilà un peu l'objet du débat, Savoureux m'a dit que lui Gug' et zigott s'étaient fait chier à mourir outre les fx bien foutus, ben pas grand chose à voir sinon rien.
Je pense au contraire que c'est un film plein, entier. Les thèmes abordés dérogent déjà beaucoup des films pour et sur les enfants lambdas, si l'éternel voyage initiatique est présent, ce n'est pas pour découvrir qu'au fond il vaut mieux être gentil, mais pour connaître sa part d'ombre. Chaque monstre est une partie de max, et chacun à son caractère bien louche.
L'enfance n'est pas un long fleuve tranquille, ni un bastion de bonté face à la rudesse du monde adulte. L'enfance est pétrie de violence, et quand on joue à la guerre avec des mottes de terre, et bien ça blesse vraiment les gens et ça ressemble vraiment à la guerre.
L'enfant ne fait pas non plus le traditionnel parcours qui le mène au pouvoir (magique, politique, amoureux), là l'enfant débarque et est tout de suite nommé Roi, c'est donc à sa chute qu'on assiste. Pour se maintenir Roi un tant soit peu il doit mentir, et au lieu finalement d'acquérir les pouvoirs qu'il avait prétendu avoir, il n'est capable que de faire une petite "robot dance" minable.
La figure du trou, de la "cache", est récurrente. A la fois elle protège l'enfant mais menace à chaque fois de l'étouffer, de le digérer.
Le monstre principal, l'espèce de double de Max, s'appelle Cayroll (comme l'auteur d'Alice au pays des merveilles). Il oscille entre la violence pure, la pulsion de destruction, l'envie de manger, la tendresse et la construction.
Le film évite toutes les figures imposées du genre "film pour môme mais pour adulte aussi" à la pixar. Déjà la beauté de l'image est saisissante du début à la fin, les gammes des couleurs sablées, le costume du héro et les monstres, tout se tient à merveille entre angoisse et photo sépia. on tranche avec l'image ultra clean des pixars et autres productions pour mômes. ça rappel par moment "l'histoire sans fin" et Atréyu qui perd son cheval dans la boue en pleurant.
L'enfant ressemble à un vrai enfant, il est insupportable et si chou en même temps.
Le monde est un assemblage d'une grande plage normande (la scène de l'arrivée en bateau dans la tempête est sublime), d'une forêt, d'un désert et d'une sorte de canyon.
Je suis vraiment pas sûr que c'est un film pour enfant d'ailleurs, voir pas du tout en fait.
Alors bon, pourquoi on peut se faire chier a ce film:
-Si l'on s'attend à voir une sorte d'alice au pays des merveilles, avec un déferlement fx de royaume divers et de peuplades chamarées.
-Si l'on s'attend à un scénario
-Si on le voit à miami en plein été entre deux cuites et cigares.
Bon bref, je sais pas si c'est un débat à mort finalement, j'attends qu'on me rentre un peu dedans pour en rajouter...
Dernière modification par *uolmo* (2009-12-21 13:14:23)
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J'imagine que c'est un très bonne analyse du film, mais personnellement tout ce niveau de lecture m'est passé 10 miles au-dessus de la tête, tellement j'ai eu de difficulté à rentrer dans le film. Enfin, j'y suis rentré, le début (dans le monde réel) est très bien réalisé, la manière dont est posé les personnages laissait inaugurer du meilleur: l'enfant n'est pas un petit sain, la mère à un copain mais ce n'est pas une pute, ni une tox, c'est un famille moyenne type. Le tout servi par une magnifique photo.
Mais une fois arrivé dans le monde imaginaire... plus rien, impossible de suivre l'histoire ou de m'attacher aux personnages. Froidement, j'objective le caractère mature de l'ouvre et la très vraisemblable profondeur du niveau de lecture, mais à aucun moment je n'y pénètre.
Alors, je déteste cette expression mais le film m'a finalement donné l'impression de ne parler de rien et j'en suis ressortie la tête aussi vide que j'y étais rentré, je n'y ai pas repensé depuis. Comme 2012, c'est dire.
A mon avis, ce film dépend énormément de l'état d'esprit dans lequel on le visionne et la lecture préalable du livre doit faciliter l'immersion. J'imagine.
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ouais je vois ce que tu veux dire, moi je voulais déjà beaucoup le voir a cause du bouquin. Et je dois dire que le film m'a mis dans le même état, un peu mal à l'aise face au gamin et aux monstres à l'air dépressifs.
J'avais déjà quelques pistes en tête avant d'y entrer, ça m'a aider à y entrer.
J'ai lu une très bonne analyse qui explique que le gros taureaux qui dit rien c'est l'image du père absent etc... enfin bref, je pense qu'il y a beaucoup à dire sur ce movie. (sinon check le link avec le tribute, c'est dla folie certaines illustrations.)
Tu relèves aussi bien que le début claque à fond, on aimerait presque suivre la vie du môme hors de son monde imaginaire.
Dernière modification par *uolmo* (2009-12-21 18:47:30)
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Excuse, je réponds que maintenant à ton beau poste. Pour une fois que je rentre avant 23h...
Ta vision du film me rend jaloux parceque c'est celle que j'attendais de vivre. Ce film, je l'ai attendu longuement, patiemment. Les quelques images du trailer, toute la sacralisation de l'oeuvre originale et le nom du réalisateur me faisait baver. J'en attendais tellement. J'imaginais une forme de grâce à la "Lost In Translation" mais sur une histoire qui parlait de ce qui se passait dans ma tête à l'âge de Max. Je voulais décoller loin, très loin et .... Plouf!
Comme Sav' j'ai pas croché. Et pourtant j'ai fais des efforts. J'ai essayé de me vider la tronche pendant le film, de me laisser porter mais rien à faire je décrochais sans cesse. J'en voulais à Spike Jonz, je lui en voulais de rester le cul entre deux chaises. J'avais l'impression que le film titubait entre du contemplatif et du narratif mais maladroitement, sans jamais trouver le rythme adéquat.
J'avais la boule qui me serrait la gorge à la scène de l'igloo et puis plus rien. Une forme de mort émotionnelle semblable à celle que j'ai ressenti à la fin du Collège. On a l'impression d'entrevoir mille couleurs, de la chaleur et puis ne subsiste en fait qu'un truc morne et plat qu'on essaie de raviver avec des étincelles trop petites pour foutre le feu aux braises.
Voilà pourquoi j'étais déçu, simplement.
Dernière modification par Bonhomme (2009-12-29 21:47:52)
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fait chier avec toutes vos descriptions (poignantes je tiens à le préciser) je sais plus quoi faire : aller au cinéma et être déçu ... mais bon c'est un souvenir d'enfance, j'ai pas envie de le ternir ...
ou alors aimer le film et retrouver cette ambiance des dimanche après midi ou je lisais ce bouquin couché à côté de ma caisse de lego.
raaaaah !
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si tu kiffais le book tu risque fort de kiffer le film, voilà tout...
GO FOR IT DUDE!
@gug,
Pour moi l'histoire racontée est aussi cheloue que celle du bouquin, et elle ne s'explique que dans la mesure ou chaque monstre est une partie de max ou une part de sa vie (figure maternelle etc...). Le film est plus une succession de situations conflictuelles entre des monstres très humains. On s'attend à voir la découverte d'un monde et des monstres un peu monstrueux, mais Max connait déjà très bien ce monde comme il l'invente lui-même, donc pas besoin d'en faire un film à la jurassic parc. Quant aux monstres, n'étant que des reflets des conflits que max vit au quotidien, ils ne peuvent que vivre dans l'interaction sociale conflictuelle. D'ailleurs j'ai rarement vu un film qui mettait en avant autant de caractères complexes et tortueux. Comme KW qui hésite a bouffer max lorsqu'elle le protège dans son ventre, la mère protectrice, le monstre destructeur etc...
Bref ce film est une vraie mine, peut être un peu rude a regarder par moment je l'entend, mais qui m'a fait réfléchir longtemps après l'avoir vu.
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petitbailat said : "si tu kiffais le book tu risque fort de kiffer le film, voilà tout...
GO FOR IT DUDE!"
certes, certes, j'ai juste peur que jérémie enfant aie eu une vision différente du livre que jérémie vieux con et que les deux visions ne se carambolent lors du film. On verra bien ...
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non, j'avais pas envie ... sorry jeune syndicaliste.
Mais je suis allé voir avatar et j'ai constaté que :
1. Il est pas SI mal
2. le strabisme induit une vision 2D (donc les 22 frs de la scéance 3D c'est dans le cul)
3. les nachos au fromage c'est gerbant.
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